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Forum Participatif à l'occasion de la canonisation de Mère Térésa de Calcutta

Date: September 02, 2016
Domain: 
 

 

 
Discours du Vice-président de la République de Maurice
à l’occasion de la canonisation de Mère Teresa
Ce 2 septembre 2016
Hommage à Mère Teresa
Distingués Invités
Chers amis
 
C’est un grand privilège que vous m’accordez en me permettant d’être des vôtres pour la canonisation de Mère Teresa prévue pour ce dimanche 4 septembre 2016.
 
Je tiens donc à vous en remercier. Vous me donnez une belle occasion pour saluer, mieux pour célébrer, les valeurs les plus nobles que nous portons toutes et tous, et que Mère Teresa a portées à des sommets, à savoir la compassion et l’amour du prochain.
 
«Ce qui compte, disait Mère Teresa, ce n'est pas de faire beaucoup, c'est de mettre beaucoup d'amour dans ce que l'on fait».
 
1. Une Grandeur d’âme fait naître Une Grande Dame
En effet, s’il me fallait décrire de manière succincte la riche carrière de la figure emblématique qu’a été Mère Teresa ainsi que son empreinte qui perdure sur le 21ème siècle, je dirais tout simplement ceci: 
Une grandeur d’âme
A fait d’un p’tit bout de femme
Une grande dame.
 
Le 20ème siècle nous a légué son lot d’hommes et de femmes illustres dont l’ampleur des réalisations respectives nous permet de progresser et d’aspirer à des lendemains meilleurs.
 
Cependant, au-delà de la richesse et la diversité des croyances religieuses, au-delà de la théologie et des points de vue philosophiques représentés ici,  je m’attarderai sur la dimension humanitaire et universelle de l’attitude et de l’action de Mère Teresa.
 
Animée par l’agàpé, l’amour de Dieu,
Elle est descendue travailler au nadir de la misère
Et elle en est remontée, victorieuse
Redonnant aux laissés-pour-compte
Un visage, une digité humaine.
 
Les grands du 20ème se bousculent aux portes de notre mémoire. Cependant, je dirais qu’en ce qui concerne l’engagement, le dévouement, la ténacité et l’abnégation dans sa mission, malgré sa petite taille, Mère Teresa domine tous ces contemporains d’une tête.
 
Son lieu de travail n’était pas un laboratoire aseptisé. Au contraire, son champ d’action était le monde et ce qu’il présente de moins flatteur à nos yeux. Son plaidoyer  touchait le cœur des grands et ouvrait la bourse des possédants. Les puissants comme les démunis étaient heureux de s’associer à son engagement altruiste.
 
 
 
2. Sa Mission
Pour sa mission, on lui concède, dans le quartier hindou, une partie de l'annexe du temple de Kali, déesse de la mort et patronne de Calcutta. C'est le mouroir, la «Maison du Cœur pur», là où mère Teresa désirait finir ses jours. Chaque matin, la police y amenait celles et ceux que la mort n'avait pas voulu prendre la nuit sur le trottoir. «Ils ont vécu comme des bêtes, qu'ils meurent ici au moins comme des êtres humains», soupirait mère Teresa, qui les accueillait, les soignait, les aimait. 
 
L'indicible mouroir de Kalighat fait que la solidarité de Mère Teresa envers la misère humaine témoigne de sa conviction religieuse,  et la transcende dans la mesure où sa philanthropie ne laissera personne insensible, aucun homme, hagiographe ou virulent détracteur, aucune institution, aucun pays, aucune religion, car la cause qu’elle défend est de s’attaquer à la cause de la misère du monde.
 
Les inventions technologiques ont leur pertinence, mais combien passagère, puisqu’elles sont vite remplacées par de nouvelles avancées novatrices.
 
Or,  la compassion et l’amour ne se remplacent pas. L’amour pour le prochain ne sera jamais obsolète. Pour ce qui est de la compassion, de l’amour désintéressé pour l’humanité aux prises avec la souffrance et la pauvreté, les faits d’armes sont reconnus par les initiatives des pionniers et des pionnières. Mère Teresa était de cette trempe-là. Pourtant, son entrée dans le Temple de la Renommée ne l’a jamais effleurée.
 
 
3. L’envergure de son action
Mère Teresa et l’envergure de son œuvre, de Calcutta à Caracas, ont occupé le temps d’un siècle. Elle est née en 1910 et elle est partie en 1997, après avoir reçu le prix Nobel de la paix en 1979, sans mentionner le prix Pandit-Nehru (1972), le prix Templeton (1973), le prix Albert-Schweitzer (1975). Lors de la réception du prix Nobel, elle fera supprimer le traditionnel banquet. Le résultat, un gain de 7.000 dollars dont bénéficieront les pauvres.
 
Etre à  Shanti Nagar, ‘la cité de paix’, prodiguer des soins, dispenser la formation après la guérison pour sortir les pauvres de la mendicité, s’affairer dans colonies des lépreux, faire tourner des cliniques de réhabilitation, dans toutes ces tâches, elle et sa congrégation affichaient un dévouement invincible et sans relâche.
 
Aux trois vœux religieux traditionnels: pauvreté, chasteté, obéissance, la Congrégation de la Charité en ajoute un quatrième: celui de consacrer toute sa vie aux plus pauvres des pauvres de manière exclusive. Il s’agit des affamés, des nus, des sans-logis, des infirmes, des aveugles, des lépreux, de tous ceux qui ne se sentent pas voulus, pas aimés, pas soignés, rejetés par la société. «S'il y a des pauvres sur la Lune, nous irons aussi», avait-elle lancé un jour. 
 
4. Une inspiration pour tous – du plus riche au plus démuni
Son action caritative personnelle et la fondation de la congrégation des Missionnaires de la Charité nous accompagnent et nous interpellent encore.
 
Le progrès scientifique se réalise au fur et à mesure que les chercheurs et scientifiques s’appuient sur le calcul  et l’œuvre de leurs prédécesseurs. N’est-ce pas Newton lui-même qui, se référant à Bernard de Chartres, a reconnu que s’il a contribué à l’avancement de la science, c’est parce qu’il a pu se placer sur les épaules des géants qui l’ont précédé?  "If I have seen further, it is by standing on the shoulders of giants."  
 
Chers amis,
Nous pouvons nous approprier cette attitude newtonienne en la transposant dans le domaine des actions caritatives et en nous plaçant sur les épaules de cette géante, cette petite sœur, surnommée «Mère sans frontière » - appelez-la comme vous voulez. «La femme la plus puissante du monde», ainsi l'avait un jour qualifiée le secrétaire général des Nations unies. (Article paru dans Le Figaro du 6 septembre 1997)
 
A la lecture de « Mère Teresa, une vie où la charité demeure » de Christian Feldman, on voit Mère Teresa « vivre sans rien attendre en retour », vivre pour ceux qui sont mis à l’écart, être forte au cœur même de la misère de l’homme dans les bidonvilles de Calcutta.
 
Reconnaissante pour tous les généreux dons qui lui ont permis de mener son action, Mère Teresa a cependant été marquée par celui de ce petit garçon de quatre ans. Quand il a appris que les sœurs de la Charité manquaient de sucre pour les pauvres, ce petit garçon est rentré chez lui pour dire à sa mère qu’il allait pendant trois jours mettre de côté sa part de sucre. Il est ensuite retourné chez les sœurs pour leur remettre un petit pot de sucre qu’il avait joyeusement conservé pour les pauvres.
 
Mère Térésa raconte aussi comment un mendiant a insisté pour qu’elle prenne l’aumône qu’il avait reçue pendant la journée. Quand Mère Teresa l’a refusée, elle a vu la douleur sur le visage de ce mendiant. Elle a alors accepté le petit don de quelques sous, et elle a vu resplendir, sur le visage de ce mendiant, la joie.    
 
Ces deux exemples de don provenant de l’abondance du cœur me rappellent l’observation du Christ. En comparant les dons du superflu des riches à l’obole insignifiante d’une veuve, le Christ avait ceci à dire à ses disciples, « Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc;  car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. » (Evangile selon St Marc 12:44).  C’est l’attitude de la veuve qui a frappé le Christ. Et pourtant cette femme n’avait jeté dans le tronc que deux petites pièces.  
 
5. Le reflet de la Gloire de Dieu
 « Gloria Dei, vivens homo », La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. La gloire de Dieu, c’est la race humaine, le couronnement de la création, porteur de l’image de Dieu dans un vase d’argile.
 
Dans cette masse documentaire qui raconte Mère Térésa, je retiens que Mère Teresa n’a jamais cessé de voir sur le visage, comme dans le regard, de ses semblables, l’image du Créateur. Elle n’était pas motivée par la logique, ni par l’émotion, de la pitié, mais plutôt par la flamme du respect, du respect pour ceux qui semblaient condamnés dans la crasse et la douleur de leur misère.
 
Aussi pour nous, nous sentir si petits dans la présence de ce p’tit bout de femme se compense par l’inspiration que nous tirons de son œuvre exemplaire de charité humaine.
 
Mère Teresa, cette force dans la fragilité, Mère Teresa, cette richesse dans la précarité, a été acclamée universellement. « Un cœur joyeux … qui a brûlé d’amour ».
 
6. La plus célèbre anecdote
 
Un jour, Mère Teresa est allée dans une boulangerie pour acheter du pain pour les enfants de son orphelinat. Lorsqu'elle a levé une main vers le boulanger pour lui demander du pain, ce dernier lui a craché dans la main. Sans pour autant se laisser désemparée, elle lui a répondu: "Je garderai ça pour moi, mais donnez-moi un peu de pain pour mes enfants" en lui tendant l'autre main. Alors, l'homme  s’est rendu compte de la douceur de la petite bonne femme. Dès lors, cette boulangerie est devenue le fournisseur principal de l'orphelinat.
 
Je voudrais terminer en vous citant des extraits d’une des prières de Mère Teresa :
La vie est la vie
…La vie est un défi, relève-le.
La vie et un devoir, fais-le.
…La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
…La vie est une promesse, tiens-la.
La vie est tristesse, dépasse-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
…La vie est la vie, défends-la.
 
Enfin, pour paraphraser Mère Teresa, je dirais « Ne laissons personne venir à nous et repartir sans être plus heureux ! »
Chers amis, je vous remercie de votre attention. Bonne continuation dans toutes vos œuvres caritatives. Que Dieu vous bénisse.
Merci.
 
 

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